Un accident dont vous êtes responsable et votre assurance auto coûte plus cher. Cette hausse suit une règle précise, plus simple à comprendre qu’on pourrait le croire.
Malus auto : un chiffre qui évolue chaque année
Le bonus-malus s’appelle officiellement « coefficient de réduction-majoration », ou CRM. Il existe sur tous les contrats d’assurance auto en France, quel que soit l’assureur.
Tout le monde commence avec un coefficient de 1. Chaque année, à la date d’échéance de votre contrat, ce chiffre est mis à jour selon les accidents survenus pendant l’année écoulée.
Le bonus : 5 % de moins chaque année sans accident
Vous n’avez pas eu d’accident responsable ? Votre coefficient baisse de 5 %. Concrètement, on le multiplie par 0,95.
Cette baisse a une limite : le coefficient ne descend jamais sous 0,50. Il faut pour cela treize ans sans accident responsable. Ce stade atteint, vous payez deux fois moins que le tarif de référence.
Le malus : 25 % de plus par accident responsable
Si vous êtes entièrement responsable d’un accident, votre coefficient augmente de 25 % (on le multiplie par 1,25). Si la responsabilité est partagée, la hausse est de 12,5 %.
A noter
Certains événements ne déclenchent pas de malus. C’est le cas d’un accident dont vous n’êtes pas responsable, d’un bris de glace ou d’un vol.
Le malus est aussi limité. Il ne dépasse jamais 3,5, soit une cotisation multipliée par 3,5. Il faut enchaîner de nombreux accidents responsables pour l’atteindre.
Votre coefficient vous suit si vous changez d’assureur. Votre compagnie doit vous remettre, sur demande et sous quinze jours, un « relevé d’information ». Ce document résume votre historique et reste valable trois mois. Il est très utile pour comparer les offres.
Un exemple pour comprendre
Imaginons que le tarif de référence de votre assurance véhicule soit de 600 euros par an.
- Avec un bonus de 20 % (coefficient de 0,80), vous payez 480 euros.
- Après un accident responsable, votre coefficient passe à 1,00 (0,80 × 1,25). Vous payez alors 600 euros, soit 120 euros de plus par an.
- Pour un jeune conducteur qui part d’un coefficient de 1, le même accident donne un coefficient de 1,25. Sa facture monte à 750 euros.
Le malus ne dure pas pour toujours
Le malus s’efface plus vite que le bonus ne se construit. Si vous restez deux ans sans accident responsable, un coefficient supérieur à 1 revient directement à 1.
Egalement, si vous avez le bonus maximal (0,50) depuis au moins trois ans, votre premier accident responsable ne vous fait pas subir de malus.
Le coefficient de réduction-majoration ou CRM n’est pas le seul critère
Le prix de votre contrat dépend aussi d’autres éléments : votre âge, la date de votre permis, votre véhicule, l’endroit où vous le garez, l’usage que vous en faites et les garanties choisies. Un malus peut donc peser plus lourd chez un jeune conducteur, ou être en partie compensé par un contrat bien adapté.
Certains assureurs proposent aussi une option de « rachat de bonus ». Elle protège votre coefficient en cas de premier accident, mais elle coûte un peu plus cher.
Que faire si votre cotisation augmente ?
Trois réflexes simples :
- Vérifier le calcul sur votre avis d’échéance. Les erreurs existent.
- Revoir vos garanties. Une formule très complète n’est pas toujours utile pour un vieux véhicule.
- Comparer les offres en vous appuyant sur votre relevé d’information.
Le malus est donc surtout un ajustement du prix, pas une sanction définitive. Comprendre son fonctionnement aide à en limiter la durée et le coût.